Fiche minérale
Amétrine
L’amétrine est un quartz qui associe dans le même cristal la zone violette de l’améthyste et la zone jaune de la citrine, sans qu’aucune teinture n’intervienne. Elle partage la dureté et la densité du quartz, mais sa reconnaissance se joue sur la netteté de la limite entre les deux couleurs.
Photo : Robert M. Lavinsky · Wikimedia Commons · CC BY-SA 3.0
Propriétés physiques
| Propriété | Valeur relevée |
|---|---|
| Dureté (Mohs) | 7 (moins pour les variétés impures) |
| Densité | 2,65 constante |
| Éclat | gras, vitreux, blanc |
| Transparence | transparent à opaque |
| Couleurs | violet et jaune dans le même cristal |
| Trait | blanc |
| Clivage | rarement observable sur [101], [011], [100] |
| Cassure | conchoïdale |
Composition et structure
| Donnée | Valeur relevée |
|---|---|
| Formule chimique | SiO2 |
| Système cristallin | Trigonal |
| Variété de | cristal de roche |
Ce qu’est l’amétrine
L’amétrine n’est pas une espèce à part : c’est une variété de quartz, au même titre que l’améthyste ou la citrine, dont elle est en réalité l’association dans un seul et même cristal. Le nom lui-même est une contraction d’améthyste et de citrine, et il décrit exactement ce qu’on observe : des plages violettes et des plages jaunes, séparées par une frontière parfois nette, parfois diffuse.
Sur le plan chimique, l’amétrine est de la silice pure, de formule SiO2, cristallisée dans le système trigonal. Ses constantes physiques, dureté, densité, éclat, sont donc rigoureusement celles du quartz : c’est la répartition des couleurs à l’intérieur du cristal, et non une différence de composition, qui fait sa singularité.
Reconnaître l’amétrine
Le premier repère est la couleur bicolore : violet et jaune coexistent dans le même échantillon, souvent en bandes ou en secteurs liés à la géométrie de croissance du cristal. Cette cohabitation distingue l’amétrine de l’améthyste et de la citrine prises séparément, qui n’affichent chacune qu’une seule teinte.
La dureté de 7 sur l’échelle de Mohs raye le verre et résiste à l’ongle comme à une lame d’acier ordinaire, ce qui aide à écarter les imitations tendres. Le trait, toujours blanc quelle que soit la couleur apparente de la pierre, confirme l’appartenance à la famille du quartz. L'éclat gras à vitreux et la cassure conchoïdale, en creux arrondis, complètent l’identification, tandis que le clivage reste rarement observable, comme chez tous les quartz.
Ce avec quoi on la confond
Certaines pierres reconstituées ou traitées thermiquement imitent le contraste violet-jaune sans provenir d’un seul cristal naturel zoné. L’examen de la transition entre les couleurs, qui doit suivre les plans de croissance du cristal et non une limite artificielle, permet souvent de trancher.
Formation et aspect du cristal
L’amétrine se forme comme tout quartz, par croissance lente de silice en milieu hydrothermal, mais avec une particularité : les conditions de température et l’environnement chimique varient légèrement d’une zone à l’autre du cristal en formation. Cette variation locale suffit à faire apparaître, dans une même géode ou un même prisme, la coloration violette propre à l’améthyste et la coloration jaune propre à la citrine.
La transparence de l’amétrine va de transparente à opaque selon les échantillons, et les plus recherchés laissent passer la lumière tout en révélant nettement la séparation des deux couleurs. Le système trigonal du quartz se traduit par des formes prismatiques à terminaison pyramidale, visibles sur les cristaux bruts non taillés.
Entretien d’une pierre de cette dureté
Avec une dureté de 7, l’amétrine résiste à la majorité des rayures du quotidien, mais elle reste vulnérable face à des matériaux plus durs comme le corindon ou le diamant : il convient donc de ranger les bijoux d’amétrine séparément des autres pierres pour éviter tout contact abrasif.
La couleur violette du quartz, héritée de traces de fer et de rayonnements naturels, peut s’atténuer sous une exposition prolongée à une lumière intense, en particulier au soleil direct. Il est donc préférable de conserver l’amétrine à l’abri de la lumière forte lorsqu’elle n’est pas portée.
- Nettoyer à l’eau tiède avec un chiffon doux, sans brosse abrasive
- Éviter les chocs thermiques brusques, qui peuvent exploiter la cassure conchoïdale
- Écarter tout contact prolongé avec des produits chimiques agressifs
- Limiter l’exposition à une lumière directe et intense
Ce que les traditions lui prêtent
La tradition lui prête une double nature, héritée de ses deux composantes : elle est associée à la fois aux qualités que les croyances anciennes attribuaient à l’améthyste et à celles réservées à la citrine, comme si la pierre réunissait deux tempéraments en un seul cristal. Les lapidaires médiévaux rangeaient l’améthyste parmi les pierres de tempérance, et la citrine parmi les pierres solaires, et c’est cette double filiation que l’amétrine porte encore aujourd’hui dans l’imaginaire lapidaire.
La lithothérapie contemporaine l’associe à l’idée d’équilibre entre deux polarités, la clarté jaune et la profondeur violette, et la relie souvent au chakra du plexus solaire pour sa moitié citrine, ainsi qu’au chakra couronne pour sa moitié améthyste. On lui prête, dans ce cadre, une vocation à harmoniser des énergies jugées complémentaires plutôt qu’opposées.
Sur le plan astrologique, certaines classifications contemporaines associent l’amétrine au signe de la Balance, en écho à l’idée d’équilibre que suggère sa double coloration, sans que cette association ne relève d’une tradition ancienne établie.
L’amétrine en bijouterie
La dureté de 7 rend l’amétrine parfaitement adaptée aux usages courants de la bijouterie : elle se prête aussi bien à la bague qu’au bracelet ou au pendentif, sans exiger de précautions particulières au-delà de celles valables pour tout quartz. Les tailleurs jouent volontiers sur la limite entre les deux couleurs, en orientant la découpe pour que la facette centrale d’une bague ou d’un pendentif révèle nettement le passage du violet au jaune.
En pierre brute, l’amétrine se présente souvent en pointe de cristal ou en tranche polie d’une seule face, ce qui permet d’observer directement la zonation naturelle sans intervention de la taille. Montée en argent ou en métal plus précieux, elle se distingue par ce contraste bicolore qu’aucune autre variété de quartz ne réunit à elle seule, faisant de chaque pierre un exemplaire dont la répartition des couleurs reste unique.
À retenir
- L’amétrine est une variété de quartz, pas une espèce distincte : formule SiO2, système trigonal, dureté 7, densité 2,65
- Sa reconnaissance repose sur la coexistence du violet et du jaune dans un même cristal, avec un trait toujours blanc
- La coloration bicolore naît de variations locales durant la croissance hydrothermale du cristal
- Une lumière intense et prolongée peut atténuer la teinte violette, mieux vaut la conserver à l’abri
- La tradition lui prête une double influence, héritée à la fois de l’améthyste et de la citrine
Questions fréquentes
Qu’est ce que l’amétrine exactement ?
C’est une variété de quartz qui réunit dans un même cristal une zone violette, semblable à celle de l’améthyste, et une zone jaune, semblable à celle de la citrine. Elle partage la formule chimique SiO2 et le système trigonal de tout le groupe du quartz.
Quelles sont les vertus attribuées à l’amétrine ?
La tradition lui prête une double influence, héritée de ses deux couleurs : celle associée habituellement à l’améthyste et celle associée à la citrine. La lithothérapie contemporaine l’associe surtout à une idée d’équilibre entre deux polarités complémentaires.
Comment reconnaître une vraie amétrine ?
On observe la coexistence du violet et du jaune dans un même cristal, avec une transition qui suit les plans de croissance naturels du quartz plutôt qu’une limite artificielle. La dureté de 7 sur l’échelle de Mohs et le trait blanc confirment son appartenance à la famille du quartz.
À quel chakra associe-t-on l’amétrine ?
La lithothérapie contemporaine relie sa moitié citrine au chakra du plexus solaire et sa moitié améthyste au chakra couronne. Cette double association reflète directement la bicoloration propre à la pierre.
Quel est le signe astrologique associé à l’amétrine ?
Certaines classifications contemporaines associent l’amétrine au signe de la Balance, en écho à l’équilibre suggéré par ses deux couleurs. Il ne s’agit pas d’une tradition ancienne établie mais d’une lecture plus récente.
Comment entretenir un bijou en amétrine ?
Un nettoyage à l’eau tiède avec un chiffon doux suffit, en évitant les brosses abrasives et les chocs thermiques. Il est également conseillé de la ranger à l’abri d’une lumière intense et prolongée, qui peut atténuer la teinte violette avec le temps.
L’amétrine se raye-t-elle facilement ?
Non, sa dureté de 7 sur l’échelle de Mohs la rend résistante à la plupart des rayures du quotidien. Elle reste néanmoins vulnérable au contact de matériaux plus durs comme le corindon ou le diamant.
Page mise à jour le 03/09/2026.
Sources
Les autres pierres jaunes
Pierre de luneincolore, jaune reflet bleutés
Oeil de tigrebrun dore raye de noir
Apatiteincolore, jaune, bleue, verte, violette, rouge,
Citrinejaune-orange
Ambrejaune, miel, orange, brun, parfois vert ou bleu
Pyritedoré pâle, terne
Oeil de taureaubrun rouge a dore, chatoyant
Rhodochrositerose, rose-rouge, jaune, marron
Même système cristallin : Trigonal
Les outils
- Identifier une pierre : réduire la liste des possibles
- Pierre de naissance : la liste et son histoire
- Échelle de Mohs : quelle dureté pour quel usage