Le Cabinet des Pierres

Silicates

Citrine

La citrine est un quartz jaune-orange, coloré par des traces de fer dans son réseau cristallin. Sa dureté de 7 sur l’échelle de Mohs en fait une pierre robuste, adaptée à un usage quotidien en bague ou en bracelet.

Citrine, pierre naturelle

Photo : Didier Descouens · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0

Dureté7,0Mohs
Densité2,65
SystèmeTrigonal
ÉclatVitreux
TransparencePeu transparent

Propriétés physiques

PropriétéValeur relevée
Dureté (Mohs)7,0
Densité2,65
Éclatvitreux
Transparencepeu transparent
Couleursjaune-orange
Traitblanc
Cassureconchoïdale
Maclescelles du quartz
Indice de réfraction1,544 - 1,553
Pléochroïsmefaible (jaune, jaune clair)
Solubilitétrès stable, sauf dans · acide fluorhydrique ou la soude très concentrée

Composition et structure

DonnéeValeur relevée
Formule chimiqueSiO2
Classe de StrunzSilicates
Classe minéraletrigonale-trapézoédrique · P 321 ou P 321 suivant le sens de l’enroulement des hélices de tétraèdres SiO
Système cristallinTrigonal
Réseau cristallinhexagonal hP
Habitusprisme hexagonal terminé par deux rhomboèdres
Nom minéralogiquequartz

Ce qu’est la citrine

La citrine appartient à l’espèce minérale du quartz, un silicate de formule chimique SiO2, l’un des minéraux les plus répandus de l’écorce terrestre. Elle se distingue des autres quartz par sa couleur jaune-orange, due à des traces de fer intégrées à la structure cristalline lors de sa formation. Son système cristallin est trigonal, avec un réseau hexagonal de type hP, et elle cristallise typiquement en prisme hexagonal terminé par deux rhomboèdres, l’habitus classique du quartz. Dans la classification de Strunz, elle se range sous le code 4.D.A.05, au sein de la classe 9 des silicates. Ce qui la rend reconnaissable entre toutes les variétés de quartz coloré, c’est précisément cette teinte solaire, qui a valu son nom à la pierre et qui la rapproche visuellement de la topaze sans en partager la composition.

Reconnaître une citrine

La citrine se reconnaît d’abord à sa couleur jaune-orange et à son éclat vitreux, celui, brillant et net, propre au quartz bien cristallisé. Elle laisse un trait blanc sur une plaque de porcelaine non émaillée, un test simple qui permet d’écarter bien des confusions avec des pierres plus colorées à l’état de poudre. Sa transparence reste limitée, la pierre est décrite comme peu transparente, et sa cassure, lorsqu’elle se produit, adopte la forme conchoïdale caractéristique du quartz, en coquille aux reflets courbes. Un léger pléochroïsme se manifeste selon l’orientation, entre jaune et jaune clair, un indice discret mais réel de sa nature cristalline.

Ce qu’on confond avec elle

La citrine est fréquemment confondue avec la topaze jaune ou avec des quartz fumés chauffés artificiellement pour virer à l’orange. La dureté tranche rapidement ce doute : à 7 sur l’échelle de Mohs, elle raye le verre et l’acier tendre, tandis que la topaze, plus dure, résiste à des tests que le quartz ne supporte pas. Les indices de réfraction, compris entre 1,544 et 1,553, offrent également une signature optique propre au quartz, mesurable au réfractomètre par un professionnel.

Formation et aspect

La citrine se forme dans des conditions géologiques qui permettent au quartz d’incorporer des traces de fer dans sa structure, responsables de la teinte jaune-orange. Sa densité de 2,65 reste dans la moyenne des silicates, un repère utile pour distinguer un échantillon authentique d’une imitation en verre, plus légère à volume égal. L’habitus en prisme hexagonal terminé par des faces rhomboédriques donne aux cristaux bruts une silhouette allongée et facettée, visible sur les échantillons non taillés. La citrine brute conserve souvent des zones de croissance internes, des variations de teinte qui témoignent de son histoire cristalline et que la taille lapidaire cherche parfois à valoriser, parfois à uniformiser.

Entretien d’une citrine

Avec une dureté de 7, la citrine résiste bien aux rayures du quotidien, mais elle reste vulnérable face à des matériaux plus durs comme le corindon ou le diamant, qu’il vaut mieux ne pas laisser au contact direct dans un même écrin. Sa solubilité est décrite comme très stable, sauf exposition à l’acide fluorhydrique ou à la soude très concentrée, deux substances qu’on ne croise jamais dans un usage domestique ordinaire. Un nettoyage à l’eau tiède savonneuse, suivi d’un séchage avec un chiffon doux, suffit amplement à entretenir l’éclat vitreux de la pierre. Il convient d’éviter les chocs thermiques brusques, qui peuvent créer des tensions internes le long des plans de cassure conchoïdale, et de retirer la pierre avant tout contact prolongé avec des produits ménagers agressifs.

Ce que la tradition prête à la citrine

La tradition lui prête une association avec la lumière solaire, en raison de sa teinte jaune-orange qui évoque directement l’astre du jour. Les lapidaires médiévaux rangeaient le quartz jaune parmi les pierres liées à la clarté et à l’abondance, une classification héritée de la symbolique des couleurs plus que d’une observation minéralogique. La lithotherapie contemporaine l’associe à la vitalité et à la confiance en soi, des qualités qu’elle attribue à la chaleur visuelle de la pierre plutôt qu’à une propriété mesurable. Ces croyances relèvent d’un héritage culturel et symbolique, transmis de génération en génération autour des pierres colorées, et se distinguent nettement des constantes physiques qui définissent la citrine sur le plan scientifique.

La citrine en bijouterie

La citrine se prête particulièrement bien à la bague, où sa couleur chaude se marie aussi bien à l’or qu’à l’argent, selon le contraste recherché. Une bague or citrine accentue la teinte dorée de la pierre, tandis qu’une bague argent citrine joue sur un contraste plus frais, presque citronné. On la trouve taillée en cabochon ou à facettes, montée en solitaire ou en bague citrine rectangulaire, une coupe qui met en valeur la profondeur de couleur sur de grandes surfaces planes. Le bracelet citrine, souvent conçu en perles rondes ou en pierres roulées, complète naturellement une parure, et le pendentif citrine ou le collier assorti permettent de porter la pierre près du visage, là où sa couleur est la plus lumineuse. Certaines maisons de joaillerie, dont Mauboussin, ont proposé des modèles de bague en citrine associant la pierre à des lignes classiques, un choix qui illustre sa popularité durable au fil des collections.

À retenir

  • La citrine est un quartz jaune-orange, coloré par des traces de fer, de formule chimique SiO2
  • Sa dureté de 7 sur l’échelle de Mohs autorise un port quotidien en bague ou en bracelet
  • Le trait blanc et l’éclat vitreux aident à la distinguer de la topaze et des imitations
  • Un nettoyage à l’eau tiède savonneuse suffit, la pierre étant très stable chimiquement
  • La tradition lui prête un lien symbolique avec la lumière solaire et la vitalité, sans valeur médicale

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une citrine et une topaze jaune ?

La citrine est un quartz, de dureté 7 sur l’échelle de Mohs, tandis que la topaze appartient à une autre espèce minérale, plus dure. Leurs indices de réfraction diffèrent également, ce qui permet à un professionnel de les distinguer avec certitude au réfractomètre.

Comment reconnaître une citrine brute ?

Une citrine brute présente l’habitus typique du quartz, un prisme hexagonal terminé par deux rhomboèdres, avec une couleur jaune-orange et un éclat vitreux. Le trait blanc obtenu sur une plaque de porcelaine confirme son identification.

La citrine craint-elle l’eau ?

La citrine est décrite comme très stable chimiquement, sauf au contact de l’acide fluorhydrique ou de la soude très concentrée, deux substances absentes du quotidien. Un nettoyage à l’eau tiède savonneuse ne présente donc aucun risque pour cette pierre.

Peut-on porter une bague en citrine tous les jours ?

Oui, sa dureté de 7 sur l’échelle de Mohs permet un port quotidien sans crainte excessive de rayures superficielles. Il reste préférable de la retirer avant des activités exposant la pierre à des chocs ou à des matériaux plus durs.

Quelle est la couleur naturelle de la citrine ?

La couleur naturelle de la citrine est jaune-orange, due à des traces de fer présentes dans le réseau cristallin du quartz. Cette teinte peut varier en intensité selon l’échantillon, du jaune pâle à des tons plus soutenus.

Quelles propriétés la tradition attribue-t-elle à la citrine ?

La tradition lui prête un lien avec la lumière solaire et l’abondance, une symbolique héritée des lapidaires médiévaux qui associaient les pierres jaunes à la clarté. La lithothérapie contemporaine l’associe de son côté à la vitalité et à la confiance en soi, des attributions symboliques et non des propriétés mesurables.

Comment distinguer une vraie citrine d’une imitation en verre ?

La densité de la citrine, 2,65, la rend plus lourde qu’un verre imitant sa couleur à volume égal. Sa dureté de 7 sur l’échelle de Mohs lui permet aussi de rayer le verre, un test simple mais à réaliser avec précaution sur une zone peu visible.

Page mise à jour le 03/09/2026.