Sulfates, chromates, molybdates
Sélénite
La sélénite est une variété de gypse, un sulfate de calcium hydraté qui se reconnaît à sa transparence et à son éclat nacré. Sa tendreté extrême, à peine 2 sur l’échelle de Mohs, impose des précautions que peu d’autres pierres exigent.
Photo : Didier Descouens · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0
Propriétés physiques
| Propriété | Valeur relevée |
|---|---|
| Dureté (Mohs) | 1,5-2 (2 par définition) |
| Densité | 2,31 - 2,33 |
| Éclat | vitreux à soyeux, nacré à chatoyant, subvitreux à mat pour les variétés compactes, souvent perlé et nacré sur les faces ou surfaces du clivage, parfois fibreux pour les variétés fibreuses ou simplement terne et terreux. |
| Transparence | transparent à translucide, translucide à opaque |
| Couleurs | incolore, mais aussi de blanc à gris pâle, grise parfois verdâtre, rougeâtre, jaune, jaune miel, jaunâtre, vert, orange, rosé, rouge rosé, rougeâtre, brun clair à brunâtre, la coloration ordinaire à teintes claires s’accroissant avec sa densité |
| Trait | blanc |
| Clivage | parfait à {010}, net à {100} et {011} |
| Cassure | irrégulière, micacée, esquilleuse, parfois conchoïdale ou fibreuse |
| Macles | communes sur {100}, macles en queue-d’aronde. Sur ou {101}, macle en papillon ou fer de lance. Rare sur {209}. Macles cruciformes. |
| Indice de réfraction | a=1,519-1,521, · b=1,522-1,523, · g=1,529-1,530 |
| Biréfringence | biaxe (+) ; 0,0090-0,100 |
| Pléochroïsme | aucun |
| Fluorescence | jaune, orangée, bleue ou verte sous U.V. longs ; phosphorescent blanc verdâtre sous UV. La fluorescence et phosphorescence sont plus marquées après chauffage. |
| Magnétisme | aucun |
| Solubilité | Se dissout dans HCl chaud, · 2.04 dans l’eau à 20 et 1.8 à 80. |
Composition et structure
| Donnée | Valeur relevée |
|---|---|
| Formule chimique | CaSO6H4 |
| Classe de Strunz | Sulfates, chromates, molybdates |
| Classe minérale | prismatique ; · A2/a ou I2/a |
| Système cristallin | monoclinique |
| Réseau cristallin | centré A ou I selon les auteurs |
| Habitus | cristaux bien développés, tabulaires ou plats, allongés parfois au-delà du mètre, lenticulaires, prismatiques, souvent maclés, associés en rosettes ou roses... mais le plus souvent massif, lamellaire ou fibreux, en amas cristallin plus ou moins grossiers, plus ou moins fins, plus ou moins lités |
| Nom minéralogique | gypse |
Ce qu’est la sélénite
La sélénite n’est pas une espèce à part entière : c’est le nom donné à la variété transparente et cristallisée du gypse, un sulfate de calcium hydraté de formule CaSO6H4. Le gypse appartient au système cristallin monoclinique et se classe dans la classe 7 de Strunz, sous la référence 7.C.D.40. Ce qui distingue la sélénite des autres formes de gypse, c’est son habitus : des cristaux tabulaires ou plats, parfois lenticulaires ou prismatiques, souvent maclés, qui peuvent s’allonger au-delà du mètre dans certains gisements. Elle se rencontre aussi en rosettes, ces assemblages qu’on appelle « roses des sables » ou « roses du désert », tandis que le reste du gypse se présente le plus souvent massif, lamellaire ou fibreux. Le réseau cristallin est décrit comme centré A ou I selon les auteurs, une nuance qui traduit surtout des conventions de description différentes.
Reconnaître une sélénite
La sélénite se signale d’abord par sa transparence, qui va du transparent au translucide, et par un éclat vitreux à soyeux, parfois nacré ou chatoyant sur les faces de clivage. Sa couleur type est l’incolore, mais elle décline aussi des teintes de blanc, gris pâle, verdâtre, rougeâtre, jaune miel, orange ou rosé, la coloration s’accentuant généralement avec la densité du cristal. Le trait, obtenu en frottant la pierre sur une plaque de porcelaine, reste toujours blanc, un repère fiable quelle que soit la couleur apparente du minéral. Le clivage est parfait selon une direction, {010}, et net selon deux autres, {100} et {011}, ce qui produit des lames qui se détachent facilement en feuillets brillants.
Ce avec quoi on la confond
On confond parfois la sélénite avec le quartz ou avec certains feldspaths transparents, mais un test simple suffit à trancher : la sélénite se raye à l’ongle, ce qu’aucun quartz ne permet. Sa densité, comprise entre 2,31 et 2,33, est également nettement plus faible que celle du quartz, et sa cassure irrégulière, parfois micacée ou esquilleuse, diffère de la cassure conchoïdale typique du quartz.
Formation et aspect
Le gypse, et donc la sélénite, se forme par évaporation d’eaux riches en calcium et en sulfates, dans des bassins fermés ou des environnements sédimentaires où l’eau s’évapore lentement. Cette lenteur de cristallisation explique la taille parfois considérable des cristaux, qui peuvent dépasser le mètre de longueur dans des conditions stables et peu perturbées. Les indices de réfraction, mesurés entre 1,519 et 1,530 selon les axes, et la biréfringence biaxe positive, comprise entre 0,0090 et 0,100, traduisent l’anisotropie propre au système monoclinique. La pierre ne présente aucun pléochroïsme et aucun magnétisme, deux propriétés optiques et physiques qui aident à la caractériser en laboratoire. Sous rayonnement ultraviolet long, elle peut fluorescer en jaune, orangé, bleu ou vert, et devenir phosphorescente d’un blanc verdâtre, un phénomène qui s’intensifie souvent après un léger chauffage.
Entretien d’une pierre tendre et soluble
Avec une dureté de 1,5 à 2 sur l’échelle de Mohs, la sélénite compte parmi les minéraux les plus tendres qui soient : elle se raye au contact d’un ongle, d’un tissu rêche ou d’un simple grain de poussière. Elle demande donc un rangement isolé, à l’écart des autres pierres et des objets métalliques, dans un tissu doux ou une boîte compartimentée.
- Éviter l’eau, y compris l’eau douce prolongée : le gypse se dissout progressivement, avec une solubilité de 2,04 grammes par litre à 20 degrés, et cette dissolution s’accentue avec la température, jusqu’à 1,8 gramme par litre à 80 degrés selon les mesures.
- Bannir l’eau salée et tout bain prolongé, qui accélèrent l’altération de la surface et ternissent l’éclat nacré.
- Nettoyer à sec, avec un chiffon doux et non abrasif, en évitant tout frottement appuyé sur les faces de clivage.
- Limiter l’exposition prolongée à une forte lumière, qui peut affecter les teintes les plus délicates, notamment sur les variétés colorées.
- Ne jamais utiliser de solvants acides ni de produits ménagers, le gypse se dissolvant dans l’acide chlorhydrique chaud.
Ce que la tradition lui prête
La tradition lithothérapique contemporaine prête à la sélénite des vertus de clarté et de calme intérieur, en la rapprochant souvent de son éclat laiteux et de sa transparence, perçus comme des symboles de pureté. Elle l’associe fréquemment au chakra couronne, au sommet du crâne, où elle serait sollicitée pour favoriser une forme d’ouverture et de connexion, selon les praticiens qui recourent à cette classification énergétique. Les lapidaires médiévaux, pour leur part, rangeaient le gypse et ses variétés transparentes parmi les pierres lunaires, un rapprochement que l’on retrouve dans l’étymologie même du mot « sélénite », dérivé du grec Selênê, la lune. Cette symbolique lunaire a nourri l’idée d’un lien avec les cycles et le renouvellement, une lecture que la lithothérapie moderne reprend volontiers dans ses descriptions.
Le rechargement de la sélénite, dans ces pratiques, se fait traditionnellement au clair de lune plutôt qu’au soleil, une méthode cohérente avec sa fragilité à l’eau et son symbolisme lunaire ancien. Certains praticiens la considèrent même comme une pierre qui n’aurait pas besoin d’être purifiée par d’autres cristaux, du fait de sa nature perçue comme intrinsèquement stable, une croyance propre à ces courants et qui ne repose sur aucune propriété physique vérifiable.
Purifier et recharger une sélénite selon la tradition
Les praticiens de lithothérapie recommandent d’écarter tout passage sous l’eau, courante ou salée, en raison de la solubilité du gypse déjà évoquée : une sélénite immergée perd rapidement son éclat et peut se déliter en surface. La purification se fait alors le plus souvent par la fumée, à l’aide d’un bâton de résine ou d’herbes séchées, ou par un simple passage au-dessus d’un encens, des gestes que la tradition associe à un nettoyage énergétique sans risque pour la matière elle-même. Le rechargement, distinct de la purification dans ces pratiques, s’effectue traditionnellement en exposant la pierre au clair de lune pendant une nuit, une méthode ancienne qui évite l’exposition prolongée au soleil pouvant affecter certaines teintes. Certains praticiens placent également la sélénite au contact d’une géode d’améthyste ou de quartz, considérées dans ces courants comme capables de transmettre leur énergie sans risque d’endommager la pierre plus tendre.
Usages en bijouterie et en objets
La tendreté de la sélénite, à peine 2 sur l’échelle de Mohs, la rend peu adaptée aux bijoux portés au quotidien : bagues et bracelets s’y rayent facilement, et l’usage courant, le contact avec la peau ou les vêtements, use rapidement les faces polies. On la retrouve plus volontiers en pendentifs protégés, en boucles d’oreilles à faible frottement, ou taillée en formes décoratives, baguettes, sphères ou plaques, destinées à être manipulées avec soin plutôt que portées. Les rosettes naturelles, ces assemblages caractéristiques du gypse, sont également recherchées telles quelles, sans taille, pour leur aspect brut et leur symétrie. Les lampes en sélénite, obtenues en évidant des blocs massifs et en y plaçant une source lumineuse, exploitent l’éclat translucide de la pierre : la lumière traverse la matière et révèle des nuances de blanc, de gris ou de jaune miel selon les zones de densité variable.
À retenir
- La sélénite est la variété transparente et cristallisée du gypse, un sulfate de calcium hydraté.
- Sa dureté de 1,5 à 2 sur l’échelle de Mohs la rend extrêmement sensible aux rayures.
- Le gypse se dissout dans l’eau, y compris douce, ce qui interdit tout nettoyage humide.
- Le trait toujours blanc permet de distinguer la sélénite malgré la variété de ses couleurs.
- La tradition recharge la sélénite au clair de lune et la purifie par la fumée, jamais par l’eau.
Questions fréquentes
Quelles vertus la lithothérapie prête-t-elle à la sélénite ?
La lithothérapie contemporaine associe la sélénite à une forme de clarté intérieure et de calme, en écho à sa transparence et à son éclat laiteux. Elle la relie souvent au chakra couronne, considéré comme le siège d’une ouverture spirituelle dans cette classification énergétique. Ces attributions relèvent d’une tradition symbolique et ne s’appuient sur aucune propriété physique mesurable.
Comment recharger une sélénite ?
La tradition recommande de recharger la sélénite au clair de lune, en l’exposant une nuit entière plutôt qu’au soleil direct. Cette méthode évite tout contact prolongé avec la lumière intense et reste cohérente avec la fragilité du gypse face à l’eau.
Comment purifier une sélénite sans l’abîmer ?
La purification se fait par la fumée d’encens ou de résine, jamais par l’eau, car le gypse se dissout progressivement au contact prolongé de l’humidité. Un simple passage au-dessus d’une fumée légère suffit, selon les pratiques de lithothérapie, sans risque pour la matière.
Peut-on nettoyer une sélénite à l’eau ?
Non, l’eau, même douce, dissout progressivement le gypse, avec une solubilité mesurée à 2,04 grammes par litre à 20 degrés qui s’accroît encore avec la chaleur. Un chiffon sec et doux suffit pour dépoussiérer la pierre sans l’endommager.
À quel chakra la sélénite est-elle associée ?
Dans la classification énergétique de la lithothérapie, la sélénite est le plus souvent associée au chakra couronne, situé au sommet du crâne. Certains praticiens l’utilisent aussi en baguette, appelée « sélénite wand », pour un usage localisé selon ces mêmes pratiques.
Qu’est-ce qui distingue la sélénite du gypse ordinaire ?
La sélénite est la variété transparente et bien cristallisée du gypse, alors que le gypse se présente le plus souvent sous forme massive, fibreuse ou lamellaire. Les deux partagent la même formule chimique, CaSO6H4, et la même dureté proche de 2 sur l’échelle de Mohs.
La sélénite convient-elle à un bijou porté tous les jours ?
Peu recommandée pour un usage quotidien, la sélénite se raye très facilement du fait de sa dureté de 1,5 à 2 sur l’échelle de Mohs. Elle est mieux adaptée aux pendentifs protégés ou aux objets décoratifs qu’aux bagues et bracelets exposés aux frottements.
Page mise à jour le 03/09/2026.
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Même système cristallin : Monoclinique
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