Le Cabinet des Pierres

Carbonates et nitrates

Dolomite

La dolomite est un carbonate double de calcium et de magnésium, reconnaissable à sa dureté modeste et à son absence d’effervescence à froid dans l’acide chlorhydrique dilué, à la différence de la calcite. Elle forme des cristaux rhomboédriques ou des masses compactes, souvent teintées de rose ou de brun pâle.

Dolomite, pierre naturelle

Photo : Didier Descouens · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0

Dureté3,5 - 4Mohs
Densité2,8
SystèmeTrigonal
ÉclatVitreux à nacré
TransparenceTranslucide, transparent

Propriétés physiques

PropriétéValeur relevée
Dureté (Mohs)3,5 - 4
Densité2,8
ÉclatVitreux à nacré
Transparencetranslucide, transparent
CouleursIncolore, blanc, grisâtre, verdâtre, gris verdâtre, brun pâle, rose, rougeâtre, jaune brun
TraitBlanc
Clivage101 parfait
CassureConchoïdale
MaclesFréquentes sur le pinacoïde {0001}, macles sur les prismes trigonal {100} et hexagonal {110}, macles lamellaires sur le rhomboèdre {02 1}
Indice de réfractionω=1,679-1,681 · ε=1,500
BiréfringenceUniaxe (-) ; 0,1790-0,1810
Pléochroïsmenon
FluorescenceOui
Magnétismeaucun
Solubilitépas d’effervescence à froid avec l’HCl dilué à 10 % (contrairement à la calcite)

Composition et structure

DonnéeValeur relevée
Formule chimiqueCaMg(CO3)2
Classe de StrunzCarbonates et nitrates
Classe minéraleRhomboédrique ; · R
Système cristallinTrigonal
Réseau cristallinRhomboédrique
HabitusCristaux ou masses compactes

Ce qu’est la dolomite

La dolomite est un minéral de la classe des carbonates, de formule chimique CaMg(CO3)2. Elle associe calcium et magnésium dans un même réseau cristallin, ce qui la distingue de la calcite, carbonate de calcium pur avec laquelle elle forme une famille proche. Son système cristallin est trigonal, avec un réseau rhomboédrique qui gouverne la forme de ses cristaux. La classification de Strunz la range dans la classe 5, sous le numéro 5.A.B.10, aux côtés des autres carbonates anhydres sans anions étrangers. Elle donne aussi son nom à une chaîne de montagnes et à une roche sédimentaire qu’elle compose en grande partie, mais le terme désigne ici l’espèce minérale elle-même.

Reconnaître la dolomite

La dolomite se présente incolore, blanche, grisâtre, verdâtre, gris verdâtre, brun pâle, rose, rougeâtre ou jaune brun, une palette large qui rend la couleur seule peu fiable pour l’identifier. Son trait reste blanc quelle que soit la teinte du minéral, un repère constant à la plaque de porcelaine. Son éclat va du vitreux au nacré, particulièrement visible sur les faces de clivage. Sa dureté de 3,5 à 4 sur l’échelle de Mohs la place entre le gypse et la fluorine, assez tendre pour être rayée par une lame d’acier.

La confondre avec la calcite

Le test décisif tient dans une goutte d’acide chlorhydrique dilué à 10 %. La calcite effervesce aussitôt à froid, tandis que la dolomite reste inerte dans les mêmes conditions, une réaction qui ne se déclenche qu’à chaud ou sur poudre fine. Ce test simple tranche là où la couleur, l’éclat et l’habitus laissent planer le doute.

Formation et aspect des cristaux

La dolomite cristallise en rhomboèdres aux faces souvent légèrement courbes, un habitus caractéristique qui lui vaut parfois le surnom de « spath perlé ». Elle se rencontre aussi en masses compactes, granuleuses ou en agrégats, notamment dans les roches sédimentaires qui portent son nom. Sa cassure est conchoïdale, avec un clivage parfait selon la direction 101, ce qui produit des surfaces planes et brillantes lorsqu’elle se fracture. Elle se montre translucide à transparente selon la pureté des échantillons, et présente une biréfringence uniaxe négative, avec des indices de réfraction ω compris entre 1,679 et 1,681 et ε à 1,500. Certains spécimens réagissent sous lumière ultraviolette par fluorescence, sans pléochroïsme observable ni propriété magnétique.

Entretenir une pierre de dolomite

Avec une dureté de 3,5 à 4, la dolomite se raye facilement au contact d’autres minéraux plus durs ou d’objets métalliques, un point à surveiller lors du rangement. Sa densité de 2,8 la rend relativement légère en main comparée à d’autres carbonates.

  • Éviter le contact avec des pierres plus dures pour préserver les faces de clivage et l’éclat vitreux à nacré
  • Ne jamais tremper dans l’eau salée ni dans un bain acide, la structure carbonatée du minéral y étant sensible
  • Nettoyer à l’eau claire et à sec avec un chiffon doux, sans produit abrasif ni ultrasons
  • Ranger à l’abri de la lumière directe et prolongée pour conserver les teintes rose ou brun pâle des variétés les plus délicates

Ce que les traditions lui prêtent

La tradition lui prête un rôle d’ancrage, associant sa structure cristalline stable et son origine sédimentaire à une image de solidité et de continuité. Les lapidaires médiévaux rangeaient les carbonates rhomboédriques parmi les pierres de la terre, réputées transmettre la constance des couches géologiques qui les ont vues naître. La lithotherapie contemporaine associe la dolomite à une forme d’équilibre intérieur et de stabilité émotionnelle, en écho à la double composition calcium-magnésium du minéral. Elle lui prête également une vertu de sommeil paisible, la pierre étant parfois posée près du lit ou glissée sous l’oreiller dans cette intention. Ces usages relèvent de croyances transmises et cultivées de génération en génération, sans validation par la minéralogie elle-même, qui se limite à décrire la structure, la composition et les propriétés optiques du minéral.

La dolomite en bijouterie

La dolomite reste peu utilisée en joaillerie de haute facture, sa dureté modeste de 3,5 à 4 la rendant vulnérable à l’usure quotidienne d’une bague ou d’un bracelet porté sans précaution. Elle trouve davantage sa place en cabochons, en perles ou en pièces décoratives, où son éclat vitreux à nacré et ses teintes douces, du rose pâle au brun, sont mises en valeur sans contrainte mécanique forte. Les variétés rosées et transparentes sont particulièrement recherchées par les collectionneurs de minéraux pour leur habitus rhomboédrique net et leurs faces de clivage brillantes. En bijouterie fantaisie, elle se travaille surtout en pendentifs ou en éléments protégés du frottement, montés de façon à limiter les chocs directs sur les arêtes.

À retenir

  • Vérifier l’absence d’effervescence à froid dans l’acide chlorhydrique dilué à 10 % pour distinguer la dolomite de la calcite
  • Manipuler la pierre avec précaution, sa dureté de 3,5 à 4 la rendant facile à rayer
  • Éviter tout contact avec l’eau salée ou les bains acides qui altèrent sa structure carbonatée
  • Nettoyer uniquement à l’eau claire avec un chiffon doux, sans ultrasons ni abrasif
  • Réserver la dolomite à des bijoux protégés du frottement plutôt qu’à un usage quotidien intensif

Questions fréquentes

Qu’est-ce que la dolomite exactement ?

La dolomite est un minéral carbonaté de formule CaMg(CO3)2, associant calcium et magnésium dans un réseau cristallin trigonal. Elle forme des cristaux rhomboédriques ou des masses compactes, et donne aussi son nom à une roche sédimentaire qu’elle compose largement.

Comment distinguer la dolomite de la calcite ?

Le test le plus fiable consiste à déposer une goutte d’acide chlorhydrique dilué à 10 % sur l’échantillon. La calcite effervesce immédiatement à froid, tandis que la dolomite reste inerte dans ces conditions et ne réagit qu’à chaud ou en poudre fine.

Quelles sont les propriétés physiques de la dolomite ?

La dolomite présente une dureté de 3,5 à 4 sur l’échelle de Mohs, une densité de 2,8 et un système cristallin trigonal. Son clivage est parfait selon la direction 101, sa cassure conchoïdale, et son éclat va du vitreux au nacré.

Quelles vertus la lithothérapie prête-t-elle à la dolomite ?

La lithotherapie contemporaine associe la dolomite à une forme d’équilibre intérieur et de stabilité, en lien avec sa double composition en calcium et en magnésium. Elle lui prête aussi un rôle favorable au sommeil paisible, une croyance transmise sans validation minéralogique.

La dolomite convient-elle pour un bijou porté au quotidien ?

Sa dureté modeste de 3,5 à 4 la rend vulnérable aux rayures dans un usage quotidien intensif, notamment en bague ou en bracelet. Elle se prête mieux à des pièces protégées du frottement, comme des pendentifs ou des cabochons décoratifs.

Peut-on nettoyer la dolomite à l’eau salée ou aux ultrasons ?

Non, la dolomite ne supporte pas les bains acides ni l’eau salée, sa structure carbonatée y étant sensible. Un nettoyage à l’eau claire suivi d’un séchage avec un chiffon doux suffit à préserver son éclat.

Pourquoi la dolomite change-t-elle autant de couleur ?

La dolomite se rencontre incolore, blanche, grisâtre, verdâtre, brun pâle, rose, rougeâtre ou jaune brun selon les traces d’éléments présents lors de sa formation. Son trait reste toutefois toujours blanc, un repère plus fiable que la couleur pour l’identifier.

Page mise à jour le 03/09/2026.

Sources